Bonjour à tous !

Voici le contenu du bulletin :
- Un passé qui influence le futur : de l'Islande à la mer Noire
> Ce que révèlent des observations de surface
> Des orages à foison sur le continent
> Blocage : un colosse aux pieds d'argile ?
- Situation générale et évolutions :
> Un blocage qui se renouvelle depuis plus de trois semaines.
> Un blocage oui mais en sursis par le transsibérien
- Les prévisions quotidiennes pour la semaine à venir
> des nuages et des averses sur un tiers nord s'améliorant petit à petit
> des températures fraîches, surtout le matin, mais pas partout !
> des températures en forte hausse avec un risque caniculaire
- Un passé qui influence le futur : de l'Islande à la mer Noire
Consulter les observations plutôt que les modèles numériques permet de prévoir le temps pour le lendemain, parfois pour le surlendemain.
Même une carte isobarique implique en amont un travail d'analyse, humaine ou algorithmique, qui prémâche ce travail sur les observations. Idéalement, les interpolations entre stations sur les cartes de températures ne seraient pas nécessaires.
Dimanche 27 & lundi 28 juillet
Le dimanche, la carte des Tx révèle quelques points clés entourés en blanc.
De l'ouest vers l'est, on note :
- des Tx islandaises plus élevées sur sa côte sud-est, trahissant un effet de foehn local. Le vent vient alors du NW.
- les côtes nord et ouest de l'Irlande et de l'Écosse sont plus fraîches que leurs côtes est et sud. Le vent vient aussi du NW.
- Les Tx sont relativement basses sur la France et plus généralement sur l'Europe occidentale jusqu'à la barrière Pyrénéeo-Alpine. Au sud de cette dernière, les températures sont nettement plus élevées, caractéristiques d'un vent de NW profond (dont l'origine remonte loin vers le NW).
- Les Tx côtières en Norvège sont relativement hautes, indiquant cette fois un vent de SE.
- Les Tx sont hautes sur l'Europe orientale, jusqu'en Finlande, montrant une forte advection chaude.
- Un fort gradient (I) de Tx existe du nord de la Grèce à l'est de la Roumanie, montrant un front froid.
La synoptique s'oriente ainsi vers une dorsale sur l'ouest de l'Atlantique, un thalweg entre Islande et Norvège se prolongeant jusque sur le sud-est de l'Europe.
Les cartes des cumuls de précipitations affinent le diagnostic, particulièrement avec une évolution orageuse généralisée au-dessus de l'Europe continentale.


« Fin de journée pluvio-orageuse sur le Nord de l'Alsace » photolive par @Zéphyrion ; « Orage en approche » (Vevey, CH) photolive par @rodac
Le lundi, les masses d'air ont poursuivi leurs déplacements. Le vent a basculé au SW sur l'Islande et au NW sur le sud de la Norvège. Le vent tourne également sur l'Irlande et le Royaume-Uni. Sur la France, le gradient diminue fortement avec le sud-est. Tout cela indique un déplacement de la dorsale vers l'est et, par conséquent, de l'air chaud qui la compose. Ce déplacement est confirmé par le décalage de zone précipitante autour de la Suisse et du sud de l'Allemagne. Les averses et orages continentaux révèlent la poursuite de l'air chaud plus à l'est.
Effectivement, sur l'est de l'Europe, l'air chaud continue de se renforcer. Le foehn sur le nord de la Norvège suggère un vent d'est, une courbure anticyclonique associée au blocage.
En résumé, la configuration synoptique se compose d'un blocage anticyclonique sur le nord-est de l'Europe, d'une dorsale atlantique en approche et d'un thalweg de l'Europe du nord-ouest à l'Europe du sud-est.
Les photolives corroborent le constat.



« Averse au loin » (Viriat, 01), photolive par @téléphérique ; « Amélioration après de nombreux passages nuageux. » (Jobourg, 50), photolive par @alain50 ; « L'été enchanteur ? » (Sanary, 83), photolive de @Serge_L
Mardi 29 juillet
L'axe de l'advection subtropicale se décale de quelques centaines de km vers l'est, entre les mers Noire et Caspienne. La zone frontale apparaît toujours nettement, de la Bulgarie à la Biélorussie. Les orages y sont nombreux, délimitant le thalweg.
Ce décalage est du thalweg s'illustre également par les orages avançant du nord de l'Italie en fin de nuit, à l'ensemble de l'Adriatique en journée.
Deux changements d'apparence anodine sont observés par rapport à la veille : des températures plus élevées en Écosse et sur le sud de la Norvège. Cela contribue à la tendance observée la veille, avec un rapprochement de la dorsale atlantique et une poursuite du blocage vers l'ouest.


« Arc-en-ciel après l'ondée ! » (Taupont, 56), photolive par @bernardt60 ; « roches Tuilière et Sanadoire » (col de Guéry, 63), photolive par @romèze01
Mercredi 30 et jeudi 31 juillet
Peu de changements sont perceptibles, le blocage est toujours en place. Cependant, les températures baissent sur l'Islande et l'Écosse et les précipitations font leur retour sur le nord de la France.
On peut supposer qu'une dépression transite par l'Islande d'une part et que la dorsale remontant mardi jusqu'en Écosse régresse.
Les pluies autour de la mer du Nord suggère une extension vers l'ouest du thalweg continental, peut-être en lien avec la dépression islandaise. L'analyse numérique confirme l'hypothèse.


« Développements cumuliformes » (Villar d'Arêne, 05), photolive par @meteo78 ; « Doux mais gris » (Laboissière-en-Thelle, 60), photolive par @sebgir
Vendredi 1er août
La zone Islande - Royaume-Uni se refroidit tandis que les cumuls de pluies sont plus abondants sur un tiers nord-est du pays. L'axe chaud s'étend désormais de la mer Rouge à l'Oural, via la Caspienne. Les orages ont quasiment disparu du sud-est de l'Europe et concernent dorénavant un axe allant de la mer Caspienne à la Finlande.
Des orages éclatent aussi du nord de l'Italie au sud de l'Allemagne et au nord-est de la France donc. La masse d'air est déstabilisée. La température en altitude libre s'abaisse. Le thalweg prend une dimension zonale.
L'analyse numérique rend compte d'une succession d'advections de forme circulaire (températures et vorticités) autorisant une « rotation » du thalweg.


« Orage sur Metz », photolive par @jjk92 ; « Beau et quelques cumulus » (Saint-Pierre-de-Chartreuse, 38) photolive par @Flip38
Samedi 2 août


Reykjavik - Évolutions des vents moyen et rafales, de la pression - https://vedur.is
L'advection subtropicale tend à revenir vers la mer Noire alors que la façade atlantique de l'Europe se réchauffe. La répartition des pluies s'étend de la Fennoscandie jusqu'au nord-est de la France et l'Autriche. La rotation du thalweg s'est réalisée, il reprend un axe méridien.
Les orages de Moscou à Rovianemi en Finlande d'une part et du nord de l'Italie à la Croatie d'autre part corroborent. La convection diurne profite de l'apport d'air froid en altitude pour se développer de l'Allemagne à la Suède.
29,4 mm sont mesurés à Wildenstein-Bramont (StatIC, 68), 20,7 mm à Dolembreux (StatIC, BE), 30,4 mm à Kempten (DWD, D), 27,8 mm à Buchs-Aarrau (MS, CH), 46,4 mm à Arcugnano (StatIC, IT), 56 mm à Litschau (ZAMG, AT), 24,5 mm à Wroclaw Ii (PL), 31 mm à Mosonmagyarovar (HU), 43.8 mm à Svratouch (CZ), 42,3 mm à Ogulin (Croatie), 40,8 mm à Maribor-Slivnica (Slovénie), 39,3 mm à Storlien-Visjovalen (Suède), 50 mm à Kongsberg Iv (Norvège), 34 mm à Hvide Sande (DK), 25,1 mm à Nieuw Beerta Aws (KMI, NL), 22 mm à Suoyarvi (RU), 15 mm à Reykjavik (IS).


« Nuit orageuse en Lorraine », photolive par @Supercell54 ; « Gênes s'éveille », photolive par @meteo78
Situation générale et évolutions
Un blocage qui se renouvelle depuis plus de trois semaines.
Fin juin et début juillet, un blocage anticyclonique (BA) était en place sur le sud-ouest de l'Europe, générant une canicule. Une forte advection froide d'ampleur sur l'océan accéléra la circulation d'ouest comblant le blocage. Les températures, encore chaudes, se desserrent. C'est la phase 1 sur l'ITN ci-dessous.
Une seconde advection froide d'ampleur lui succède, c'est la phase 2. Le gradient thermique horizontal est important en altitude, révélant une forte advection chaude en aval en direction du nord-est de l'Europe.
La situation s'apaise sur l'océan mais elle reste suffisamment active pour lever une advection chaude sur l'est de l'Atlantique, en direction de l'Écosse puis de la Norvège. C'est la phase 3 marquant la naissance d'un nouveau blocage, cette fois sur la Scandinavie. Les températures allaient y être durablement et anormalement hautes. Ce blocage évolue rapidement en mode « REX », avec une bulle chaude au nord de l'Europe et une bulle froide entre celle-ci et la ceinture subtropicale sur la Méditerranée.
Le blocage, toujours là, évolue en mode « OMEGA » (OM), renforçant la chaleur sur son flanc amont jusqu'au moment où son pied amont (goutte froide d'altitude) s'approche, levant une forte séquence orageuse sur le pays suivie d'une baisse sensible des températures.
Nouvelle évolution du blocage en rex / dipôle (REX 2), maintenant de fortes températures sur l'Europe du nord et des températures faiblardes sur une bande centrale du continent.
Enfin, l'advection subtropicale subsistant tout ce temps sur l'Europe orientale, le blocage se mua une seconde fois en omega (OM 2).
Ce blocage dure depuis un peu plus de trois semaines. Cependant, ses effets ne sont pas constants comme le montre l'ITN ci-dessous.


source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Blocage_(m%C3%A9t%C3%A9orologie)
Le résumé de la synoptique de la semaine serait celui-ci : l'Europe, dont la France, est sous l'influence directe du pied amont de l'omega version 2. Le pied amont étant, par définition une bulle froide d'altitude, les températures en France furent globalement déficitaires avec des pluies orageuses fréquentes principalement sur la moitié nord-est du pays. Cet élément synoptique se décale lentement vers l'est.
Une phase 4 se déploie.
On devine encore la tête de OM 2 sur la Finlande et le nord de la Suède et de la Norvège. Son pied amont s'étire du sud de la Norvège à l'Italie. Les gradients sont plutôt lâches (géopotentiels, en noir, températures en lignes colorées) et on y trouve quelques zones de plus fortes vorticités (plages de couleurs semi-transparentes).
Sur l'océan, le régime tout autre se met en place : la NAO +. Les gradients sont nettement plus serrés, tant sur le plan thermique que celui de la vorticité. Les advections sont énergiques au sud du Groenland et de l'Islande : advections froides et advections cycloniques (CVA) dans un courant d'ouest rectiligne.
L'apport humide est particulièrement généreux (image satellite de fond, gris clairs).
Dans un tel contexte océanique, le blocage OM 2 ne peut que régresser vers la Sibérie puisque son advection subtropicale se poursuit sur l'ouest de l'Asie. Mais les hautes valeurs de CVA et de froids le déconstruiront sur son flanc ouest (Europe du nord et du nord-est).
Pour la semaine, nous serions régis par ce régime NAO +.
Vue l'intensité de ce courant et, particulièrement, ses gradients horizontaux, nul doute que cette effervescence barocline pour la saison générera des cyclogénèses. Autrement dit, une succession de dorsales et de thalwegs atlantiques se succéderont.
L'analyse s'oriente donc vers la hauteur en latitude de cette circulation d'ouest. Plus celle-ci sera haute, plus il fera chaud et sec sur le pays ; plus elle sera basse, plus il fera frais et pluvieux.
La prévision n'est pas aisée car ce dynamisme / gradient peut générer de grands mouvements de masses d'air autorisant une oscillation de ce rail barocline.
Cependant, on peut raisonnablement opter pour une phase anticyclonique stable en gros au sud du 45e parallèle nord (Bordeaux). Ceci implique un temps globalement sec et chaud, voire très chaud.
Au-dessus du 50e nord (Cherbourg), l'analyse penche pour un temps alternant perturbations fraîches et éclaircies douces.
Entre les deux, c'est plus délicat. Hors analyse humaine, la tendance des modèles numériques s'articule autour de conditions anticycloniques chaudes et assez sèches.
Prévisions pour la semaine du 4 au 10 août 2025
Lundi 4 :
Avec une dorsale pointant sur l'Espagne, les deux-tiers sud du pays seront à l'abri des pluies, bien que quelques voiles nuageux puissent transiter par endroits.
Les bas géopotentiels sur l'Europe centrale permettront le développement d'averses près des frontières allemandes et suisses.
La dépression sur l'Écosse pilote un front froid peu actif entrant en Manche. Il pourrait générer quelques ondées et beaucoup de nuages.
Les minimales s'étageront de 15 à 18°C de la Bretagne aux Hauts de France et à l'Alsace, de 12 à 16°C au sud de la Loire et de la Champagne et de 17 à 20-21°C près de la Méditerranée.
Les maximales évolueront de 20 à 25°C près des frontières du nord et de l'est, 25 à 30°C des Pays de Loire à l'Île de France , la Bourgogne et Auvergne-Rhônes-Alpes, au-dessus de 30°C du Poitou et des Charentes aux Pyrénées et à l'arrière-pays méditerranéen, voire quelques pointes au-delà de 35°C sur l'Aquitaine.
Le Mistral rhodanien mollira jusqu'à s'éteindre. Un vent de suroît se lèvera temporairement l'après-midi en manche, jusqu'à 60-80 km/h en rafales.
Mardi 5 :
Un front froid lié à la dépression de la veille s'éloignant vers la Norvège intéresse un quart nord-ouest du pays. L'advection humide en aval est toutefois prévue de bonne tenue. Plus actif, les averses pourront être soutenues, surtout en se dirigeant vers l'Allemagne, avec quelques coups de tonnerre.
Au sud, les éclaircies domineront de plus en plus largement.
À l'arrière du front froid, les températures du début de journée baisseront par rapport à la veille de la Bretagne aux Hauts de France, vraisemblablement vers 12-15°C. Dans le secteur chaud, du centre-ouest aux Ardennes et à l'Allemagne, les minimales seraient de 14 à 18°C et de 16 à 22°C au sud.
L'influence océanique limiterait la hausse du mercure sur le sud-ouest durant l'après-midi avec des valeurs comprises entre 25 et 30°C jusqu'à Poitou-Charentes ainsi que dans le Lyonnais. Elle seraient entre 18 et 21°C sur le nord-ouest et, à l'inverse, entre 30 et 35°C sur le sud-est, sans doute quelques pointes au-dessus en basse vallée du Rhône avec un classique front de brise associée à la dépression thermique provençale.
Mercredi 6 :
Une dorsale relative survolerait le pays, augurant de larges éclaircies.
À l'arrière du front froid de la veille et à la faveur d'une nuit souvent claire qui s'allonge, les minimales seraient fraîches, probablement inférieures à 15°C, localement sous les 10°C, sur l'ensemble du pays, excepté le sud-est entre 15 et 20°C.
Celles de l'après-midi seraient généralement comprises entre 22 et 27°C et supérieures à 30°C des Chanrentes aux Pyrénées et à la Méditerranée.
Jeudi 7 :
Une dorsale d'altitude alimentée par une advection subtropicale s'étend de la Mauritanie et du Mali jusqu'à la France, inhibant la convection sèche. Près du sol, le gradient est très lâche ne permettant pas un brassage / ventilation.
Le temps serait très ensoleillé avec peut-être quelques nuages près de la Manche.
Les minimales encore fraîches sur la moitié nord s'élèveront entre 15 et 20°C sur un tiers sud, davantage sur le sud-est.
Les maximales pourraient varier de 35 à 40°C sur le sud-ouest et l'arrière-pays méditerranéen, entre 25 et 30°C, peut-être plus, ailleurs.
Vendredi 8 à dimanche 10 août :

Épaisseurs de la couche d'air entre les niveaux 1000 et 500 hPa soit, grosso modo, la moitié inférieure de la troposphère. Plus cette couche est épaisse, plus la masse d'air est chaude en première approximation. Les valeurs atteintes sur la France, en décamètres, sont particulièrement élevées selon l'ensemble IFS 0z.
Pas de perturbation envisagée mais néanmoins les incertitudes sont nombreuses.
- un risque caniculaire modéré en terme de survenue et fort en terme d'impacts : des températures de 35 à 40°C voire plus peuvent concerner la moitié sud du pays vendredi. Le risque demeure sur le sud-est et régresse ailleurs durant le week-end.
- un risque orageux : le risque apparaît pour le moment faible pour des orageux pluvieux sur l'ouest et/ou le sud-ouest vendredi.
La tendance jusque vers la fin août se dirige vers des chaleurs souvent fortes et sèches au sud, des chaleurs sèches plus brèves au nord alternant avec des perturbations atténuées apportant de l'air plus frais ou, du moins, moins chaud.
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